La publication, dans la plaquette de saison de la scène nationale Le Granit de Belfort, d'un éditorial visant le président de la République n'a pas été du goût de la ministre de la culture et de la communication, Christine Albanel, qui s'est dite
"profondément choquée" dans un courrier adressé le 29 août à son directeur, Henri Taquet.
L'éditorial émane de Benoît Lambert, metteur en scène associé du Granit. Il explique sa difficulté à écrire.
"Le problème, évidemment, c'est l'élection de Sarkozy, commence-t-il.
Je sais que cet événement peut avoir des conséquences profondes, et probablement désastreuses, sur le cours de nos existences. Nous devrons sans doute modifier nos pratiques, nos manières de faire du théâtre."
Dans sa lettre à M. Taquet, Mme Albanel dénonce un texte
"particulièrement déplacé".
"Une plaquette officielle n'est pas un blog personnel, le rôle de son éditorial est d'expliquer des choix artistiques", souligne-t-elle. Un théâtre
"financé par l'Etat et les autres collectivités doit à son public le respect des choix et des opinions démocratiquement exprimés".
"L'argent de l'Etat ne nous est pas donné pour être la voix de l'Etat, mais pour être autonome et avoir la liberté de parole, a déclaré au
Monde M. Taquet.
J'ai toujours confié mes éditos à des metteurs en scène ou des philosophes. Leurs textes posent un questionnement et ont valeur de spectacle."
"Mme Albanel a eu un geste extrêmement malheureux. L'usage, en pareille circonstance, c'est que les ministres soutiennent les directeurs et les artistes", estime le président du Syndicat national des entreprises artistiques et culturelles (Syndeac), Francis Peduzzi.
Le député (UMP) de Belfort, Damien Meslot, est à l'origine de la polémique. C'est lui qui a signalé le texte controversé à Mme Albanel, estimant que
"M. Lambert ne doit pas utiliser l'argent public pour rédiger des tracts politiques".
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