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C'est qui l'chef???
Date d'inscription: octobre 2005
Localisation: Rouen
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Avignon 2007, une édition très (trop ?) calme.
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Nous voici arrivés aux deux tiers de ce festival 2007, peut-être le moment de faire un premier bilan (tout du moins, mon premier bilan). Il n’est pas trop tôt : bien entendu, il peut se passer bon nombre de choses dans la semaine à venir, mais 15 jours, ça donne quand même une idée, et puis on constate dans le programme du Off que bon nombre de spectacles s’arrêtent le 22 ou le 24. De ce fait, ce bilan peut être considéré comme incomplet, mais pas injustifié.
Avignon dépeuplé.
Il n’y a pas grand monde en apparence cette année. Pourtant, au regard des difficultés de réservations dans le In, on étant en droit d’espérer un Avignon bouillonnant. Les trois premiers jours, on se dit que c’est normal, c’est le début du festival. Une première semaine, on s’inquiète un peu, mais ça ira mieux la deuxième. Et puis non. Place de l’Horloge, les terrasses ferment à minuit, alors que l’an dernier, vers une heure du matin, on éprouvait des difficultés à trouver trois chaises disponibles. Cette année, dans la journée, on voit bien les gens se déplacer, mais ils ne s’installent pas. Et le soir, c’est vide. On sait maintenant ce qu’il en est pour les difficultés de réservations qui ont pu nous donner cette impression d’effervescence : beaucoup de places (jusqu’à 95% selon Le Monde pour le spectacle « Le Silence Des Communistes ») sont bloquées pour les pros, la presse, les collectivités, quitte à remettre en vente ces places au dernier moment. Mais ceci ne nous explique pas le dépeuplement du festival.
-L’année Fisbach : Dans mon entourage, cela fait 4 ans que l’on craint cette édition. Imaginons que tout le monde soit du même avis (ce qui est peu probable, fort heureusement) : cela suffit-il à ce que le public ne soit pas venu ? Assurément non. Même si l’artiste associé donne une couleur au festival, il n’est pas le seul à le faire. Cette année, nous avons quand même Castorf, Mnouchkine, Platel, Vincent, Waltz, Garcia, Castellucci, etc. Une représentation assez large du monde du spectacle vivant, des univers différents, on ne peut donc pas incriminer la programmation.
-Beaucoup de spectacles du In ont lieu l’après-midi : C’est vrai, mais il reste énormément de choses le soir, et le Off est très présent (n’oublions pas que cette année, le off explose tous les records avec plus de 900 spectacles). Nous ne trouvons encore pas là une explication valable.
-Enfin, certains évoquent une politique de la ville qui « empêche » plus ou moins les spectacles de rue, les grandes parades. Peut-être, mais ce n’est pas nouveau.
À mon avis, ce n’est ni du côté artistique, ni du côté politique qu’on peut trouver une explication au dépeuplement d’Avignon. Politiquement, rien de nouveau, artistiquement, c’est pour l’édition 2006 faisant suite à l’année Jan Fabre que l’on aurait pu attendre un désamour. Cela se passe ailleurs…
Avignon : Un luxe.
Je ne suis pas économiste, ni sociologue. Juste un simple festivalier qui se balade et observe. Ces cinq dernières années, certains hôtels ont plus que doublés leurs tarifs pendant le festival (il y a 6 ans, j’étais dans une résidence hôtelière pour 250 € la semaine. Cette année, le même appartement vaut 700€). Il en va de mémé pour les locations saisonnières (on a pu voir fleurir sur internet des studios à 600 € la semaine). Visiblement, jusqu’en 2006, le public suivait. Il est évident que ce n’est plus le cas cette année : Pour la première fois depuis dix ans que je participe au festival, je constate une chose : les hôtels ne sont pas complets, certains ayant même des affiches attractives sur leur porte (« à partir de 45€ la nuit ») . De plus, au cloitre St Louis et dans les rues, on voit de multiples annonces d’appartements à louer pour le festival à des prix raisonnables (à partir de 250€ la semaine pour 2/3 personnes). Pourtant, il y a 3 ou 4 mois, tout était complet. Il y a visiblement eu de nombreux désistements et on peut cette année arriver à Avignon et trouver sans difficulté un hébergement intra-muros pour le soir même. De ce fait, il n’est pas étonnant d’avoir cette impression de vide le soir intra-muros.
On ne peut espérer qu’une chose pour les éditions à venir : que les hôteliers, mais aussi, et surtout les propriétaires redeviennent un peu raisonnable.
Avignon en manque de passion.
Tout est calme. On parle peu. On arrive au spectacle, on le voit, on applaudit, on repart. Que l’on apprécie ou pas, difficile d’appréhender les réactions du public. Pourtant le premier Rodrigo Garcia laissait présager du meilleur : le public était debout. Mais depuis plus rien. Personne n’a l’air de s’enchanter ou de crier au scandale. Pourtant du côté du scandale, il y aurait des choses à dire, qui d’ailleurs, ont été dites dans la presse : sur les Feuillets d’Hypnos par exemple. Mais dans la Cour, tout le monde à l’air ravi. Ou sur Nord, descendu bêtement dans Le Monde (le fait que ce spectacle soit descendu ne me gêne pas, encore faut-il le faire intelligemment, connaitre un peu Franck Castorf, ou bien alors aller au fond de sa pensée et militer pour l’interdiction de l’œuvre de Céline), on aurait pu croire à un soulèvement du public, ce spectacle étant à mon sens magnifique. Mais non, il ne se passe rien. Cet Avignon est très sage, je ne parle pas de programmation, mais bel et bien de réactions.
La crise critico-médiatique.
C’est, pour le moment, une des choses essentielles que l’on retient de cette édition. On n’entend plus, à la sortie de chaque spectacle, les vendeurs crier « achetez le moooonde ». Idem pour l’Huma et libé.
De plus, un des débats les plus agités du cloitre a été celui intitulé « Quel avenir pour la critique des spectacles vivants ? », débat tournant autour de deux questions principales : « l’espace réservé à la critique est-il entré dans un état critique ? », et « le sens critique change-t-il de sens avec l’évolution des médias ? ». Ce débat a oscillé entre masturbation intellectuelle et conflit d’intérêts. Nous passerons donc sur l’aspect masturbatoire pour en venir à l’opposition entre professionnels et amateurs. En effet, la deuxième table ronde mettait face à face d’un côté des journalistes de la presse écrite, télévisuelle, et radiophonique et de l’autre Pascal Bély, représentant en quelques sortes les différents blogueurs. En effet, alors qu’outre-Atlantique, les blogs sont en train de menacer la « vraie » critique, en France, on compte moins d’une dizaine de blogueurs spécialisés dans le spectacle vivant. Ces blogueurs ne donnant, pour ces professionnels avertis, que de vulgaires opinions et pas de véritables critiques. Certes, la différence existe entre opinion et critique, est pour autant nécessaire de qualifier ce que font ces blogueurs de « vulgaire ». Et puis, si la critique existe bel et bien, ce que nous pouvons lire dans la presse quotidienne peut-il être véritablement défini en tant que critique ? La question reste posée.
En extrapolant un peu, la question de la place du spectacle vivant sur internet fût réellement posée. Entrerons-nous dans une nouvelle ère ? seul l’avenir nous le dira, mais de plus en plus de personnes semblent bien décidées à faire bouger les choses.
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Et la mort est pour nous la dernière créance.
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