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Vieux 08/07/2007, 16h06   #1 (permalink)
Arcadyan
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"L'Acte Inconnu", Valère Novarina

Image « Comme le rêve et comme bien des scènes de notre vie, l’Acte inconnu est une réminiscence, une remémoration, une anamnèse. Pour ne pas oublier. Ce que nous oublions se retourne toujours contre nous et nous devons profondément nous souvenir pour repartir à l’aventure. »
Valère Novarina




Soirée d’ouverture dans la Cour d’Honneur. Bien entendu, toutes les places sont prises. Et nous ne pouvons malheureusement pas nous empêcher de penser qu’une partie du public n’est là que pour l’ouverture du festival et rien d’autre. Rien que pour pouvoir dire, dans les soirées mondaines « mais oui marquise, j’y étais ».

Valère Novarina est l’artiste qui, pour moi, demande le plus d’attention, le plus d’écoute. Cette concentration nécessaire ne nous aura pas été offerte par un grand nombre de spectateurs : en effet, cela ne faisait pas 6 minutes que le spectacle avait commencé, qu’un groupe de cinq personnes prenait déjà la fuite. Ce ballet fut incessant jusqu’à la fin de la pièce, ne nous offrant pas un seul moment de silence (et je n’exagère pas). Nous retiendrons donc les 4 personnes qui, parties de tout en haut de la Cour, descendront jusqu’en bas au lieu de passer par les escaliers du haut. Une s’arrêtera d’ailleurs quelques minutes sur le bord de la scène histoire de voir. Il y eût aussi ces cinq minutes insupportables durant lesquelles nous ne pouvons entendre ce qui ce dit sur scène tellement il y a de bruit dans les marches. Enfin, cette personne qui traversera très lentement devant la scène lors d’un moment poignant où deux corps se retrouvent… Pourquoi n’est-elle pas sortie à jardin ? J’ai même cru qu’elle faisait partie de la pièce. Mais non, elle n’était pas là lors des saluts… L’attitude de certains spectateurs a tout simplement été honteuse…

De la triangularité.

Vision étonnante quand on pénètre dans la Cour d’Honneur : Décors angulaires, lignes droites, formes géométriques, propreté et jets de peinture, ordre et déconstruction. Le décor n’est pas « imposant » mais rempli pourtant la Cour, opposition entre ces murs séculaires et les formes contemporaines présentent sur le plateau. Un homme rouge porte une planche. Traverse la scène. Fait demi-tour. Traverse la scène. Fait demi-tour. Traverse la scène. C’est là que les premiers spectateurs s’en vont. Et la parole arrive.
Comme à son habitude, Valère Novarina joue avec la langue française : contrepèterie et jeux de mots, inventions grammaticales, nouveautés linguistiques. Il faut suivre ! Dans de longs tunnels, il arrive parfois que le spectateur se perde, mais bien souvent, l’excellent Dominique Pinon ou la brillante Agnès Sourdillon parviennent à nous prendre par la main et à nous aider à recoller les morceaux. Avec un humour déconcertant, Valère Novarina dresse un portrait de l’être humain et de la mémoire. Les mots passent par les corps et la parole vient.
Et pourtant… Et pourtant un manque… Quelque chose ou quelqu’un…

Un vibrant hommage ?

On ne peut que rarement s’empêcher de penser à Daniel Znyk, disparu brutalement en septembre 2006. Il n’est plus là. Nous étions tellement habitués à l’entendre proclamer les mots de Novarina. Les comédiens sont tous formidables, il n’y a rien à redire là-dessus. Mais Monsieur Znyk, on y pense beaucoup en voyant tout ça. Surtout que dans cette pièce, Novarina utilise des passages de ses créations antérieures, par exemple, de L’Origine Rouge.
Et finalement. Un corps sans vie arrive allongé. Un corps immense dont on ne distingue pas le visage. Et puis ce corps se soulève, majestueux, commence à danser, à chanter, à virevolter, on a presque l’impression que la Cour est trop petite pour lui. Et nous voyons son visage et le reconnaissons immédiatement. C’est lui, Daniel Znyk, une dernière fois triomphant dans la Cour. On ne peut s’empêcher d’avoir la gorge nouée en assistant à cette ultime présence.
Après ça, nous pouvons nous quitter. Un ultime repas avant de se dire « au revoir », ou peut-être de Lui dire au revoir. Une dernière excuse de la part des comédiens avant d’éteindre les projecteurs : la désolation de n’avoir rien fait. Comme un pied de nez aux dizaines d’impolis qui auraient pu gâcher cette soirée, cet hommage.
Monsieur Novarina, Merci.

« L’Acte Inconnu » sera diffusé le 11 juillet en direct sur arte à 21h45
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Et la mort est pour nous la dernière créance.
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