Afficher un message
Vieux 19/06/2007, 22h39   #14
Arcadyan
C'est qui l'chef???
 
Avatar de Arcadyan
 
Date d'inscription: octobre 2005
Localisation: Rouen
Messages: 2 504
Envoyer un message via MSN à Arcadyan
Re : Discussions au sujet du journal de "Cérémonie fastueuse dans un souterrain"

D'un seul coup d'un seul, deux nouvelles interventions!





Envie de prendre la parole maintenant.
Enfin cette envie, souvent je l’ai eu, mais c’est presque nécessaire ce soir.
Un an que j’entends parler de ce projet.
Un an de « Valérie à poiiil sur scène ».
Et puis en décembre, Valérie m’a proposé de venir voir une répétition au théâtre Éphéméride. Je ne sais plus si c’est elle ou moi qui ai proposé que je prenne des photos. Même si les photos étaient ratées, il m’avait bien servi cet appareil, l’objectif était une sorte de refuge, de protection, ce n’était pas forcément simple, pour moi, de voir quelqu’un que je connais nue sur une scène…enfin un semblant de scène, il n’y avait même pas de noir complet, pas de lumière au sens « théâtral » du terme. L’appareil photo était donc un refuge, dès que ce que je voyais me mettait mal à l’aise, je regardais par l’objectif… J’avais d’ailleurs pris 400 photos en moins d’une heure… En même temps, puisque je ne suis pas photographe, bien souvent, derrière l’objectif, j’avais la sensation d’être voyeur…En plus, les photos étant ratées, ça faisait vraiment papy pervers et sa collection personnelle… Bref…

Puis répétitions à Elbeuf il y a quelques semaines… Là on est dans un théâtre… Et puis tout a évolué, ce n’est plus Valérie que je vois, mais véritablement une comédienne en quête de quelque chose… Un jour, j’ai pu assister à deux bout à bout, un le matin, un en fin de journée, je me suis aperçu à quel point une « énergie » totale était nécessaire. Le matin, cette énergie n’est pas là, et tout ce qu’on voit, c’est quelque chose de lisse, de fade, quelqu’un à poil sur scène, ouais super, faudrait penser à trouver des sous pour un costume. Et puis surtout, une inquiétude : C’est pas du tout ce dont on m’avait parlé, ça me rend presque triste pour Valérie, et puis d’un point de vue personnel, je me demande bien ce qu’il nous a pris de vouloir faire un journal sur ce projet…Dans la journée, j’avais eu une petite discussion avec Valérie pour lui expliquer tout ceci en privé. En privé, car je n’ai rien à voir avec ce projet, et qu’il ne fallait pas que je mette mon grain de sel là dedans (ce que, forcément, je n’ai pu m’empêcher de faire par la suite.)
Puis, pour le bout à bout de fin de journée, tout était là. Bien entendu, tout était un peu en force, mais le projet, tel que je pouvais l’imaginer se dessinait peu à peu.

Plusieurs répétitions aux deux rives…

Depuis quelques jours, j’avais la sensation qu’il se passait quelque chose. À défaut de les publier, j’avais lu les deux derniers épisodes du journal, et ce matin, j’ai eu Valérie au téléphone, ça n’avait pas l’air de bien aller, visiblement ça commence à gaver un peu tout le monde que sans cesse il y ai du monde aux répétitions, mais parrait que moi c’est pas pareil, c’est presque comme si je faisais partie de l’équipe, alors je peux venir. Mouais… Je décide d’aller au théâtre juste pour le bout à bout (que j’ai finalement appelé « représentation » quand tout le monde s’est quitté)…

J’ai assisté à quelque chose d’incroyable ce soit, une force, une émotion, une violence. Ca, on en sort pas indemne, en tout cas pas moi. Là, je m’amuse à réécouter divers passages que j’ai enregistré, en particulier un qui est dit au micro et qui commence par « Dis-moi que tu m’aimes encore……DIS-LE ! »…Et puis je regarde les photos aussi, enfin en même temps…c’est…foudroyant…Je ne sais pas comment on peut définir cet objet théâtral… Ce qui est certain à présent, pour moi, en tant que public, en tant que regard extérieur, c’est que tout ceci existe bel et bien. C’est étonnant d’avoir suivi ce projet quasiment depuis le début… Et touchant de le voir se concrétiser… Quelque chose que je n’ai jamais vu ailleurs, qui n’est jamais facile, qui ne va jamais dans la provocation gratuite, qui ne va jamais dans l’érotisme, dans la performance. C’est violent, vous dire qu’on passe un bon moment, ce serait mentir… Mais on voit, on écoute, on est entrainé dans un beau moment… Même si je connais les gens qui participent à ce projet, que je connais leurs « compétences », que j’ai confiance en eux, je ne pensais pas qu’ils arriveraient à ça… Oui, j’espérais quelque chose d’intéressant, quelque chose qui remue. Mais je ne sais pas trop comment l’exprimer, j’avais la sensation, en quelque sorte, que ça ne pouvait pas aboutir réellement, être un « spectacle », ça resterait une expérience, une sorte de chantier visible par le public bien entendu, pas juste une étape de travail…Mais oui, rester dans l’expérience… Alors oui, le public fera l’expérience de quelque chose d’inconnu, quelque chose qu’on n’aura pas vu ailleurs…Mais un travail réellement aboutit, profond, généreux…

Je vais continuer à aller voir des répétitions…Avec mon appareil photo…Et je suis très pressé d’être au 26 juin, et d’être un spectateur et m’engouffrer dans tout ceci.
__________________
Et la mort est pour nous la dernière créance.
Arcadyan est déconnecté   Réponse avec citation