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Vieux 06/05/2007, 02h01   #35
Elliania
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Re : "Fées" , David Bobée, Ronan Chéneau

La Biennale Internationale de la Danse Universitaire (BIDU pour les intimes), rencontres autour de la danse organisées par l'Ecole de Danse des universités de Grenoble et sa figure de proue Yves Riazanoff, présentait, dans la semaine du 23 au 27 Avril, deux productions d'après Ronan Chéneau. Vous vous doutez bien que je me suis empressée de m'y rendre, curieuse de découvrir ce qu'une matière théâtrale pouvait donner en danse.

Avec le groupe chorégraphique de l'université de Tours, Véronique Solé est à l'origine de deux chorégraphies, fidèlement intitulées Fées et Cannibales, d'après les pièces du même nom. Les deux univers développés sur scène sont assez différents, et marqués par une danse contemporaine à l'esthétique forte. Des petits détails me rappellent d'autres démarches d'artistes contemporains (Christian Rizzo, Seb Martel/Thomas Lebrun, ou Pascal Rambert). Je ne sais pas si ce sont des références conscientes ou si c'était seulement des connexions qui s'établissaient dans mon esprit.
Pour Fées les danseurs viennent installer leurs "petits coins de vie" en collant de l'adhésif orange au sol. Chacun son espace, seul ou en couple. Mis à part: un grand garçon dégingandé qui créera la musique en direct avec sa guitare et son micro. Des bruitages et des sons distordus qui achèvent de créer une atmosphère étrange. Les projecteurs éclairent violemment les danseurs quand ils ne sont pas avalés par la pénombre. Jeans et torse nu pour les garçons, jeans et brassière noire pour les filles. Les corps s'agitent et transpirent, se débattent contre cette solitude. Une danseuse arrache l'adhésif avec les dents, en avale une bonne partie puis le recrache. Les interprètes ont beaucoup de présence sur scène et ils s'approchent tout près du bord de la scène, près de nous, prêts à franchir la limite. Non... ils restent seuls.

Autant Fées m'a plue par tout l'univers visuel et on pourrait dire par la mise en scène presque, autant Cannibales m'a absolument subjuguée par la chorégraphie!
Malgré une salle qui n'était pas adaptée à des réprésentations de danse, les jeunes universitaires s'en sont admirablement sortis. Ils ont une maîtrise corporelle impressionnante que, je l'avoue, je ne m'attendais pas à trouver lors de ces soirées-là. Un duo tout en portés atteignait pour moi un très haut niveau, digne de mes chorégraphes belges préférés. Techniquement et émotionnellement magnifique! En revanche le choix musical m'a gâché mon plaisir et tranché beaucoup avec l'univers sonore de Fées. Il s'agissait de chansons qui s'enchainaient, avec certes un écho entre les danses et les paroles, mais musicalement pas follichon.

En tout cas j'espère que les textes de Ronan Chéneau nourriront d'autres créations d'artistes en devenir, car il semblerait qu'ils constituent une mine inspiratrice de bien beaux projets.
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