Re : Tumultes au CDN de Normandie
|
|
"CDN de Normandie-Comédie de Caen
Le changement de direction du CDN de Normandie se passe à travers une hystérisation des chiffres et des positionnements que j’ai décrits par ailleurs. Depuis juin 2006, les chiffres d’un déficit n’ont cessé d’osciller allant jusqu’à plus de 800.000 euros. Un audit de latrésorerie générale du Calvados vient de conclure à un résultat négatif de 436935 euros. Si ce chiffre a au moins le mérite d’arrêter les rumeurs extravagantes, il comprend pourtant une provision pour une detteéventuelle de 135 000 euros qui serait due à la SPEDIDAM et ne prend pas en compte les recettes générées par l’exploitation du spectacle Les Barbares sur 2007. Ce résultat est conforme, avec une différence de 100.000 euros, aux comptes que nous avions établis en décembre 2006, dûment expertisés à la demande de la direction entrante, et qui furent approuvés par le Comité de suivi réunissant les tutelles du CDN. Rien dans les comptes qui m’ont été remis n’explicite cette différence de 100.000 euros. Je n’en connais ni la nature, ni la provenance.
Je vais bien entendu en demander les explications, non parce que la bataille des chiffres me passionne- j’aurais souhaité ne pas séparer lebilan financier et le bilan artistique du CDN dont j’ai assuré ladirection pendant dix ans- mais pour comprendre l’articulation entre l’anathème que l’on a jeté sur ma personne et une probable cérémonie d’investiture d’une nouvelle politique de gestion du théâtre de service public et des artistes qui y travaillent.
Pour ce qui est de ma personne, sur la foi de rumeurs aujourd’huidéclarées infondées, le Ministère de la Culture m’a interdit l’accès à ladirection d’un nouvel équipement et m’a conseillé de mettre en berne mes projets de création ainsi qu’une possible reprise des Barbares à l’automne 2007.
Aujourd’hui, les chiffres et les esprits se calment, et les tutelles reconnaissent la nécessité de refinancer ce CDN qui ne l’a pas étédepuis plusieurs années, malgré l’augmentation du coût de la vie. Après avoir crié au déficit monumental, on crie au sauvetage du CDN . Or le CDN n’avait à être sauvé de rien et la générosité affichée mérite deuxprécisions. La première concerne les licenciements: on a dit qu’il n’y en aurait pas; c’est faux puisque deux de mes collaborateurs ont été remercié dès le mois de janvier. La seconde concerne les nouvelles subventions du CDN : si l’Etat consent aujourd’hui à donner 130 000 euros au CDN pour le "sauver ", il reprend par ailleurs la subvention de 150.000 euros qu’il venait d’octroyer à ma compagnie pour la poursuite de ses projets artistiques .
Je suis actuellement sans outil et sans financements publics. Le coup d’arrêt artistique, les licenciements, le remerciement du cabinetd’expert comptable du CDN début janvier, le refus dans l’audit du TPG d’entendre à titre contradictoire l’ancien directeur et son équipe,sont des méthodes pour le moins contestables. Ces agissements incohérents ont été renforcés par l’inconséquence avec laquelle les tutelles, qui ontpourtant suivi et certifié la gestion du CDN depuis dix ans, ont porté foi aux rumeurs et manœuvres extravagantes. Ceci relève d’un comportement pourle moins inquiétant chez des personnes en charge d’importantes responsabilités. En attendant, la surenchère de folles rumeurs sur ma gestion occulte la raison d’être des CDN, c’est à dire l’artistique.
A travers la France,les productions du CDN font preuve d’une saine vitalité: les Barbarestournent actuellement, une centaine de représentations devant des milliers de spectateurs, justifiant un bon nombre d’emplois artistiques, techniques et administratifs ; il en va de même pour les créations des artistes coproduits, tels que Pierre Meunier, Christine Letailleur, Joël Pommerat,David Bobée etc. Tous ces éléments m’invitent à poursuivre la réflexion, car derrièreL’hystérie du langage se profilent les actes. Le 12 mai, à l’occasion de la dernière des Barbares à Lille, nous organiserons un débat public autour de cette question, et de celle plus large : théâtre public, création et service public.
Eric Lacascade"
Voici donc le dernier communiqué de presse d'Eric Lacascade. J'en profite pour vous soumettre une idée... Auriez vous envie de poser des questions à Eric Lacascade?
__________________
Et la mort est pour nous la dernière créance.
|