Discussion: Base 11/19
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Vieux 15/04/2007, 19h29   #1
Bigorzazou
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Base 11/19

Base 11/19
Mise en scène de Guy Alloucherie

Plus d'infos ici.







(Là Zoé vient de se rendre compte qu'elle va devoir se lancer dans une petite description du spectacle pour introduire sa "critique"; elle se tape déjà la tête contre les murs)


Base 11/19
fait partie de ces spectacles qui se veulent déroutant, qui brouillent les frontières entre les arts, qui hésitent entre la performance, le théâtre, le cirque et la danse contemporaine.

La scéno? Une scène recouverte de terre. Légère, et lourde d'humidité à la fois. Des échaffaudages, des cintres, des grils, comme si la scène nous était montrée à l'envers (du décor).
Des tables en bois massifs; panneaux que l'on tourne et retourne. Un vieux fauteuil miteux. Sur l'échaffaudage. Une régie à vue, sur scène. Des boîtes transparentes. Transportables. Des échelles de chantier. De la peinture. De l'eau.
Un chantier de couleur et de matière.

Et dans cet espace, des corps dansent. S'agitent. Jouent avec les matières précitées. Les explorent.
Et dans cet espace, des corps volent. Sur une corde. Sur une poutre. Adossés à d'autres corps. Le risque du cirque qui tient le spectateur en haleine.

Et parfois, des ponctuations. Un acteur (Guy Alloucherie) qui vient nous parler de cette Base 11/19, qui n'est rien d'autre qu'une cité ouvrière, qui a dû fermer et mettre au chômage bon nombre de gens...
Textes mâtinés de militantisme communisme, que viennent appuyer des vidéos des personnes touchées par ce type de fermeture d'usine...





De ce spectacle... J'en suis sortie... Très mitigée.
J'pense qu'il y avait là un beau potentiel... Mais qu'il a été réduit en miettes par de simples détails.

Ce qui était chouette dans ce spectacle, c'était la recherche plastique et chorégraphique qu'il proposait, le jeu avec les matières, les couleurs; et les types de relation que cet espace très fort esthétiquement entretenait avec les corps des circassiens.
Cela suffisait amplement à faire de ce spectacle quelque chose de bouleversant, dans le sens où il nous emmène ailleurs, tout en proposant une réflexion plastique plus qu'intéressante.

Mais (faut bien qu'il y ait un mais...)
Il y a un truc qui nous fait occulter tout le reste.
Ce sont ces espèces de textes qui se disent engagés, mais qui ne le sont pas vraiment.
Je n'y ai vu qu'un regard bourgeois et condescendant sur la misère, un genre de populisme assez mal placé.
Surtout j'ai le sentiment que ce "militantisme" n'était là que pour donner une justification au spectacle, qui à mon avis n'a pas lieu d'être... Faut-il à tout prix trouver un propos à un spectacle, un message à faire passer, quelque chose d'intelligible et de concret?
La réflexion esthétique me suffisait amplement.
Et au lieu d'enrichir celle-ci, le propos sur le communisme ne fait que l'appauvrir de son sens, d'autant que celui-ci est illustré lourdement par des images très clichées, où l'on voit une femme habillée de façon luxueuse confrontée à des personnages plus misérables se faisant "enterrer"... Ce manque de subtilité ponctuelle alourdit le spectacle dans son entier...

Et voilà quelque chose qui aurait pu être vraiment intéressant... Mais qui, à cause de quelques détails récurrents, devient assez minable.
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"L'homme n'invente rien. Il ne fait que découcrir quelque chose qui existe déjà et il le transforme pour en faire autre chose, pour lui donner une valeur, que ce soit sientifique ou tout ce que vous voulez." André Durupt, peut-être.
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