Mais on n'en sait fichtrement rien !! ou du moins pas plus que ce que peut calculer n'importe quel spectateur : à savoir qu'en plus des coûts habituels d'un spectacle, il faut plusieurs litres d'eau à déverser par soir sur scène, avec un branchement de canalisations dans le théâtre, des matérieux étanches un peu partout, et une installation technique relativement développée ("relativement car on peut voir bien plus complexe sur d'autres spectacles) et qui ne craint pas l'eau...on ne sait pas combien tout cela coute, mais par contre on
voit que ça doit certainement coûter ...
Finalement, tout est dans le verbe "voir"...
..d'où le terme "sophistication" employé par Pidji... et pour moi la
vraie question reste : pourquoi alors cette sophistication, cette démonstration, ici, là ? pour dire quoi ?...
on apprend aux enfants à ne pas "gâcher" l'eau du bain, à ne pas tout renverser, en mettre partout...jouent-ils alors aux grands enfants désobéissants, qui n'en font maintenant qu'à leur tête, maintenant qu'ils peuvent (c'est bien en réponse à cette image que la question du "gaspillage" se pose !) ?... ou bien s'amuse-t-on à arroser le public un peu comme on se ferait aroser dans un manège de parc d'attraction, pour le "fun"?.... pourquoi mettre de l'eau partout ? pourquoi ce geste "fort" qui est un geste de gâchis (pour ne pas dire un geste de destruction ou d'anéantissement, cf nihilisme) ? juste pour glisser un peu dans l'eau ? pour montrer qu'on tombe ? pour mettre des shampoings dedans ?......... ????????.....................
Ca me fait un peu penser à ces chanteurs de rock qui cassaient leurs guitarres dans les années 70-80 (tiens, on y revient!)... la question n'est pas de savoir
combien coutait sa guitarre, mais bien
pourquoi ils nous montrent ainsi volontairement qu'ils la casse, quand on sait qu'une guitarre n'est pas donnée !
NB : dans d'autres spectacles, comme par exemple
Ensaio Hamlet d'Enrique Diaz, il y a aussi des forme de dispersions, de "gaspillages", que j'ai beaucoup aimées, mais parce que là chaque image est subordonnée à un sens, un sens autre que le sens premier, un sens plus figuré, métaphorisé, un propos plus abstrait (ex : Ophélie se vidant de l'eau sur la tête, métaphore de sa noyade...) : c'est bien pour ça que le problème de
Fées n'est pas la somme d'argent, mais dans l'image et le propos auquel cela renvoie....car toute cette eau ne sert qu'à parler d'un trentenaire en mal de vivre ! pas de la mort d'Ophélie !