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Abonné
Date d'inscription: juillet 2006
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Re : "Fées" , David Bobée, Ronan Chéneau
En effet, ça stimule, ça stimule... Question flemme, je prends ma part, en ne répondant pas à nouveau sur certains points auquels j'ai déjà répondu : le propos générationnel (ce n'est pas moi qui le dis, c'est les artistes eux-mêmes), et l'explication du propos sur la pauvreté.
Je ne m'étendrai pas sur l'histoire de la ressemblance du comédien avec Ronan Chéneau; ça saute aux yeux, mais après tout on s'en fout !
Sur la personnalisation, tu interprètes mal mes propos, en effet. Je ne vois pas où je me contredis. Je redis clairement : bien sûr qu'un auteur, comme un acteur ou un metteur en scène, met de lui-même et part de lui-même. Autrement, le travail d'auteur se résumerait à un travail technique. Mais la "distillation" est un peu limitée, voilà tout; si écrire est juste recracher tout ce qu'on sent... Je devrais faire ça, j'écrirais plus vite...
Je suis plus perplexe sur la division entre forme et fond. La forme est ce qui transforme, entre autres par l'intermédiaire du texte, le propos du spectacle (le discours) en objet comestible par les cinq sens du spectateur. La forme est donc intimement liée au fond. Autrement, il y a hiatus; et pour moi, c'est le cas. La mise en scène est inventive, mais invente à mon sens dans le (quasi) vide. Mais bon, je ne comprends peut-être rien à l'art de Ronan Chéneau.
Tu sais Vanille, j'en vois des spectacles aux formes déroutantes, apparemment sans queue ni tête. Je pourrais parler par exemple de Martine j'ai un groupe, chantier présenté par Mélanie Martinez Llense dans le dernier festival Labomatic de la Ferme du Buisson. Un truc incroyable, mélangeant rock n'roll, vidéo, et plein d'autres choses...
Le spectacle n'était qu'une forme, mais dégageant un vrai propos, un vrai regard sur le monde. Ce petit machin, fruit d'un mois de travail à peine, était vraiment déroutant. Le problème de Fées, c'est que ça ne m'a pas dérouté une seule seconde (malgré la qualité des comédiens). Il ne suffit pas d'être brouillon et de partir dans tous les sens pour être moderne et original...
Par ailleurs, je n'ai jamais parlé de lenteur, simplement de l'ennui : ce n'est vraiment pas la même chose. Et si on va par là, il est effectivement facile, et risqué, de parler de Régy, surtout dans un post sur Bobbée et Chéneau; ce n'est pas leur faire injure que de dire qu'ils ne jouent pas tout à fait dans la même cour, il me semble.
Pour finir, je reviens finalement sur l'aspect le plus mal compris de mes posts : le FRIC ! Je n'ai jamais dit que les spectacles ne devaient pas couter trop d'argent ! S'il vous plaît pas de procès d'intention sur un éventuel poujadisme concernant les artistes qui gaspillent : j'ai créé presques toutes mes pièces avec un budget en grande partie public (Ministère, conseils régionaux, Départements et villes) ! Ce que je dis simplement, c'est que je déteste quand les moyens sont apparents !!! C'est quand on ne se pose même pas la question que c'est réussi : effectivement, je ne me la pose que sur les spectacles que je trouve mauvais ! On s'en fout du prix dans l'absolu ! Le fric de Braunschweig n'est insupportable que parce que son théâtre est mortifère !
D'ailleurs, je n'aurais pas du attaquer ça sous l'angle du fric, mais plutôt parler d'un spectacle qui affiche sa sophistication (qui effectivement, suppose des moyens). Dans Flux, de Cyril Teste, qui est mon contre-exemple de référence, la complexité technique est beaucoup plus grande, les moyens financiers sont là, mais ça ne se voit pas : la forme à laquelle on assiste est évidente, ne vaut que par ce qu'elle communique. On se fout de savoir combien il y a de caméra, et on se fout aussi de sa "robinetterie" à lui. J'aurais pu dire pareil pour Wajdi Mouawad, et bien d'autres. En fait, je trouve que ce spectacle manque d'épure (la encore, il y a malgré tout des leçons à prendre du côté de Régy. Il est peut-être chiant, le vieux, mais le sens qu'il parvient à créer avec rien a quelque chose de prodigieux. A méditer, même quand on est jeune et dans des formes qui se veulent rock n'roll).
Bon voilà, je pense que j'en ai fini avec ce spectacle. J'ai déjà trop parlé...
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