Hello tout le monde! Petite nouvelle sur le site, voici mon premier coup de pub. D'ailleurs quelqu'un pourrait m'expliquer la différence entre le coup de pub et la critique? J'avoue que j'ai hésité à mettre ceci dans la rubrique spectacle...

En tout cas, voilà :
Dissident, il va sans dire
De
Michel Vinaver
Mise en scène de
Laurent Hatat
Avec
Catherine Baugué et Denis Eyriey
Au
Théâtre de la Commune à Aubervilliers jusqu’au 1er avril
Métro : ligne 7 dir. Courneuve. Arrêt Pantin Quatre chemins + 5 mn de marche
Le Théâtre met à la disposition des spectateurs une navette pour les ramener au métro à la fin du spectacle.
Michel Vinaver a écrit cette pièce il y a 30 ans mais l’histoire, tout à fait actuelle, relate très poétiquement « l’impact de notre société sur un foyer ordinaire ». « La discrète trace du temps passé fait résonner le peu d’avancée sur les problèmes de la réalité qui trament le récit : le travail, l’argent, le délaissement. » (Laurent Hatat et Laurent Caillon)
Sur scène deux personnes, une mère et son fils de 17 ans. Ils vivent ensemble comme de nombreuses familles actuelles, c’est-à-dire monoparentales. Le père est parti. Le couple qu’il a laissé est à la fois déchiré et profondément uni. Les phrases courtes, elliptiques de Michel Vinaver s’entrecroisent pour restituer leurs conversations, discussions sourdes de ceux qui cohabitent depuis longtemps. Leurs non-dits, la banalité de leur mots nous laissent entrevoir leur intimité mais aussi leurs luttes.
La mise en scène met en valeur ces douze rencontres, douze joutes où se confrontent leurs angoisses, leurs attentes, leur lassitude. La scène est en quelque sorte un ring : ils entrent chacun par un côté, se regardent avant chaque nouveau round. Lui incarne le mal-être de l’adolescent en révolte contre les parents, la société, les règles… Il laisse filer sa vie selon sa mère, désespérée de le voir se gâcher ainsi. Lui veut vivre le roman qu’il a dans la tête, ne pas se contenter de l’écrire. Il est indifférent à la réalité. Elle n’aspire qu’à le voir prendre en main sa vie.
Extrait :
Hélène. Sérieusement Philippe on peut manquer de tout mais si on s’est fixé un but
Philippe. J’ai un but mais il est inaccessible
Hélène. Je voudrais
Philippe. Comme ça je suis sûr de toujours l’avoir
Hélène. Et de n’arriver à rien ?
Cependant le ring est aussi le lieu de leurs retrouvailles, de leur proximité. Malgré leurs différences, leurs mensonges, on sent beaucoup d’amour et de complicité entre ces deux êtres qui ne s’inquiètent que pour l’autre. Ensemble, ils tentent de survivre aux difficultés de la vie, au chômage qui menace la mère, à la révolte du fils.
Les deux comédiens sont justes, touchants sans en rajouter. Mais ils ne sont pas seuls : les souvenirs d’un passé familial heureux les accompagnent sur le plateau grâce à la vidéo. Très simple, sa présence est loin de « polluer » le spectacle. Elle nous offre plutôt un havre de paix où l’on voit la mère, le père et le fils quand il était bébé ou petit garçon, quand tout était encore espoir. Projeté sur le décor, les images s’insèrent dans l’appartement comme des fantômes du passé. Un très beau travail.
Bref, un très beau spectacle, proche de nous. Mais que l’on peut aller voir sans craindre d’être confronté à la tristesse et à la grisaille. Car malgré tout « reste heureusement, aujourd’hui comme avant, l’amour ». (Laurent Hatat et Laurent Caillon)
Vidéo et revue de presse sur le site du Théâtre de la Commune + un tarif intéressant pour les internautes !!