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Vieux 08/03/2007, 11h52   #1
Arcadyan
C'est qui l'chef???
 
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"Elle" mes Olivier Balazuc/Damien Bigourdan

"Elle"
Théâtre de la Cité Internationale

du 6 mars au 6 avril 2007
soirée à 21h lundi, mardi, vendredi, samedi
19h30 jeudi
17h30 dimanche
relâche mercredi
durée : 1h15
tarif plein 21 e
tarif réduit 14 e
lundi tarif réduit pour tous 14 e moins de 30 ans 12,50 e
renseignements, location : 01 43 13 50 50

de Jean Genet
mise en scène et lumière Olivier Balazuc et Damien Bigourdan
collaboration à la scénographie Pierre-André Weitz
régie générale, lumière Alexandre Jarlégant
costumes Valérie Montagu, Chantal Bachelier
construction des décors Daniel Bachelier
avec Olivier Balazuc, Damien Bigourdan, Bruno Blairet, Thibault Lacroix
“Elle” est publié aux Éditions de l’Arbalète.

En tournée • 25, 26 janvier 2007, Espace des Arts, Scène nationale Chalon-sur-Saône
• 31 janvier, 1er,2 et 3 février 2007, CDN Orléans.


Le Pape est-il soluble ?

Qu’est-ce que le Pape ? C’est la question troublante que se pose le souverain pontife imaginé par Genet dans « Elle ». Pour les millions de fidèles, comme pour le photographe venu prendre un cliché destiné à inonder la planète, cela ne fait aucun doute. Or, sous cette image, enluminée par la pompe et le cérémonial, qu’y a-t-il ? Un « pantin désarticulé » chargé de l’incarner. Pape pour tous, excepté pour lui-même, ce dernier s’imagine être un morceau de sucre soluble, nouvelle hostie de l’ère de la grande consommation.
Genet affirme qu’il n’est pas de réalité hors sa représentation. Le rite, c’est le théâtre, c’est-à-dire du « faux » susceptible de signifier le vrai, l’invisible. Qu’importe si le cérémonial est truqué — il l’est nécessairement.
Qu’importe si l’on voit que le Pape est monté sur roulettes et que sa personne est tenue par « d’invisibles filins ». En dénonçant la nécessaire théâtralité des images, Genet n’entend pas les annuler ou les frapper d’impuissance. Il rend tout son pouvoir au Théâtre lui-même : le simulacre n’est-il pas à même de révéler la présence au coeur même de l’absence ?
Dans la mise en scène, nous partons d’un espace vide, de ce réceptacle propice à l’éclosion de l’imaginaire — c’est-à-dire de l’attente, du désir du spectateur qu’il se passe effectivement quelque chose « comme si c’était vrai ». Seuls demeurent les éléments du truquage, les signes : la porte par laquelle apparaît le comédien jouant « au » Pape, posée sur le plateau comme au milieu du désert, les échasses sur lesquelles le cardinal est juché, la poulie qui permet de faire monter ou descendre une tiare... Qu’est-ce qui est le plus dérangeant ? Que l’on donne à voir l’envers de l’artifice ou bien qu’en dépit de l’artifice, nous ayions envie d’y croire ? Nous pourrions presque revendiquer : j’y crois, parce que
c’est faux...
Olivier Balazuc


Qui est « Elle » ?

Le matin, très tôt. Un photographe dispose ses appareils en attendant l’éminente personnalité, « Elle », qui doit venir prendre la pose. Face à lui, un huissier autoritaire indique les étapes d’un cérémonial mystérieux auquel il va devoir se plier pour qu’« Elle » apparaisse...
Contre toute attente, c’est une personne lasse et souffrante qui fait son entrée. Sous l’oeil froid et méticuleux de l’huissier qui contrôle chacun de ses gestes comme un marionnettiste, elle déclare être « truquée », consciente de la distance qui sépare son être de chair de l’Image qu’elle renvoie à « quinze millions d’âmes avides ».
Lorsqu’« Elle » disparaît, tirée par un « invisible filin », seules demeurent des questions : la rencontre a-t-elle vraiment eu lieu ? Le photographe a-t-il réussi à prendre son fameux cliché ? Les voies mystérieuses de l’Image restent impénétrables.


Histoire du manuscrit

Comme Splendid's et Le Bagne, « Elle » appartient aux écrits posthumes de Genet. Publiée pour la première fois en 1989 aux éditions de L'Arbalète, la pièce avait été conservée durant trente-quatre ans dans les tiroirs de son éditeur, Marc Barbezat.
A l'exception d'une tirade — « Le chant II des Sanglots du Pape » — que Genet s'était engagé a transmettre à l'éditeur sitôt qu'il l'aurait rédigée, le texte de la pièce témoigne d'un relatif achèvement : un contrat pour sa publication avait été signé le 9 novembre 1955, le jour même où Genet remettait à Marc Barbezat le manuscrit du Balcon ; le choix du comédien qui devait interpréter le rôle du Pape avait été également fixé — il s'agissait de Michel de Ré — de même que celui du metteur en scène qui n'était autre que celui qui avait commandé Les Nègres, Raymond Rouleau. Ce contrat précisait en outre que la pièce devait paraître dans le même volume que Les Nègres.
II semble que, sitôt le manuscrit de la pièce remis à l'éditeur vers la fin de novembre 1955, Genet, absorbé par la rédaction difficile des Nègres et bientôt par le projet des Paravents, se soit détourné de son texte. Lorsque Les Nègres fut édité trois ans plus tard, il estima que les deux pièces étaient finalement trop différentes pour paraître dans le même volume. Sans renier « Elle », Genet interdit à son éditeur de la publier, tout en l'autorisant à l'annoncer comme « à paraître » dans les publications de L'Arbalète. Il conserva quelque temps le projet de la récrire et de la développer, mais ne le mit jamais à exécution. Selon un texte inclus dans un encart et glissé à l'intérieur de l'édition originale, Marc Barbezat indique que le 30 octobre 1980, Genet lui confirma par écrit le droit de publier « Elle » et lui déclara: « Vous éditerez cette pièce après ma mort. »
Extrait de la notice à l’édition des oeuvres de Genet, La Pléiade

Plus d'infos sur : http://www.theatredelacite.com
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Et la mort est pour nous la dernière créance.
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