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Vieux 05/03/2007, 13h21   #1 (permalink)
Arcadyan
C'est qui l'chef???
 
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"Fées" , David Bobée, Ronan Chéneau

Mise en scène et scénographie : David Bobee.
Texte : Ronan Chéneau.
Assistante à la mise en scène : Clarisse Texier.
Jeu : Fanny Catel-Chanet
Abigaïl Green
James Joint
Création lumière : Stéphane Babi Aubert.
Création son : Fredéric Deslias.
Création vidéo : José Gherrak.
Conception du décor : Patrick Demière.
Décor réalisé par les Ateliers du CDN de Normandie/Comédie de Caen.
Régie son : Jean Noël Françoise.
Régie générale : Melchior Delaunnay et Thomas Turpin.
Co-production : Rictus / CDN de Normandie,
avec le soutien de la DRAC de Basse-Normandie, du Conseil régional de Basse-Normandie, de la ville de Caen, du Conseil général du Calvados (ODACC).
Spectacle soutenu par l’ONDA et l’ODIA.
Le texte Fées a reçu une aide à la création dramatique (DMDTS).
Le texte de Fées a été publié aux Solitaires Intempestifs (comme Res/Persona et Cannibales, les deux autres volets de la triologie Bobée-Chéneau).

Les enfants des années 70 entre lucidité et renoncement.
Dans le huis clos moite d’une salle de bains, lieu de l’intimité par excellence, un jeune homme dit le découragement et l’inertie. Epié par des caméras vidéo, il est hanté par deux créatures mystérieuses, mi-fées, mi-femmes enfants, affectueuses, moqueuses, perverses qui le persuadent de l’inanité de sa plainte narcissique. Dans cet univers, l’impuissance à agir sur le monde, à en bouleverser le cours devient flagrante, dérangeante.

Fées est le deuxième volet d’une trilogie, née de la complicité de David Bobee, metteur en scène et Ronan Chéneau, auteur, consacrée aux enfants des années 70 coupables de ne pas savoir refaire le monde que leurs parents leur ont laissé.
Un spectacle où tout participe du théâtre-le texte/partition, la lumière qui lui donne sa couleur, les images qui lui répondent, pour dire le mal de vivre et la lucidité d’une génération. Un spectacle reflet d’une époque qui se termine sur les mots criés par le jeune homme : Aimez-moi.

Fées est une variation sur le même principe que Res/persona (premier volet de la trilogie) : intimité et politique, petite forme, monochrome, jauge réduite.

Ce spectacle se déroule dans une pièce intime, plus secrète encore, plus cachée encore, plus privée, plus introspective encore : à la salle de bain.
Si dans Res/persona, le propos était de s’interroger sur la place qu’une jeune femme de 25 ans pouvait tenir dans la société, sur la parole politique qu’elle était en mal de porter, sur son inertie et son incapacité à la révolte sincère, celui de Fées est plus large encore, interrogeant le monde dans lequel une génération s’engouffre tout en vaguement le dénonçant. Un monde en réseaux où il semble de plus en plus difficile d’agir sur les événements, sur le cours de l’histoire même.

Abigaïl Green et Fanny Catel-Chanet interprètent ces petites «fées», qui n’ont rien de féerique ni d’angélique, sorte de petites filles monstrueuses, érinnies contemporaines riant ironiquement des maux de notre époque. Une troisième figure, celle du comédien James Joint, porte l’incompréhension et l’inertie, il est le pendant masculin de la jeune femme de Res/persona.

L’univers de cette création est en permanence sous-tendue par l’idée du suicide, par l’incapacité même de se suicider.
Cet univers moite rend perceptible, tangible une sorte de douleur, de mal-vivre mais aussi une conscience dense, affûtée, précise du monde.
Stéphane Babi Aubert a créé la lumière à partir de l’étude de la couleur «verte». Vert d’eau, vert bouteille, glauque, «vert chirurgie», «vert moisi ».
L’univers sonore que Frédéric Deslias a inventé pour cette création trouve ses racines dans une musique électro faite de nappes aux rythmiques pesantes et d’adjonctions de sons et de bruits électroniques, parasitaires et quotidiens.

Enfin les images vidéo de José Gherrak, projetées sur les murs de faïence, proposent un nouvel angle de vue pour dépeindre un monde extérieur dont les représentations de plus en plus violentes, brutales, directes, trop claires, trop intimes se font plus que jamais incompréhensibles. La présence de caméras de vidéo surveillance à l’intérieur même de cette salle de bains vient violenter l’intimité des comédiens.

Fées
Du 15 mars au 6 avril au théâtre de la Cité Internationale (Paris 14ème).
Lundi, mardi, vendredi à 20h - jeudi, samedi à 19h - dimanche à 15h30.
Relâche tous les mercredis et le dimanche 18 mars.
Horaire exceptionnel pour la première, le jeudi 15 mars à 20h.
renseignements/réservations : 01 43 13 50 00
Les 17 et 18 mai à l’Hippodrome, scène nationale de Douai (59).
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Et la mort est pour nous la dernière créance.
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