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Envoyé par Vanille
J'ai très longtemps hésité avant de poster ici, parce que je n'ai pas du tout aimé et je sais combien cela peut être blessant de lire des mauvaises critiques même pas fondées sur quelque chose qui nous a tant touché. Parce qu'en plus, je ne peux même pas fournir d'argument construit...
Je n'ai pas aimé Intimae : pour moi c'était une succession de saynètes sans que je comprenne le lien entre elles ni que je saisisse de quoi cela pouvait bien parler.... Un spectacle ne doit pas forcément dire quelque chose, et j'aime souvent ne rien comprendre à ce que je vois et me laisser porter. Mais là pour le coup, j'ai eu l'impression d'être lourde, très lourde, solidement attachée dans mon fauteuil en train de regarder des petites créatures sans que cela m'évoque quoi que ce soit.
Je n'aime pas la musique. Je trouve que les marionnettistes ont le cul entre deux chaises, partagés entre l'effacement devant la marionnette et le jeu d'acteur.
Bref, pour moi il ne reste que de l'ennui et cette impression d'être passée à côté de quelque chose, comme si j'avais écouté un discours scientifique en géorgien sur la biologie des fonds marins néo-zélandais.
Je ne suis même pas en colère, non : seulement je ne me souviens de rien....
J'irai tout de même voir le prochain spectacle du Turak Théâtre, en espérant pouvoir apprécier un jour... Désolée Bigorzazou... 
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A vrai dire je l'ai pas mal défendu en cours ce spectacle, car on était très peu à l'avoir aimé...
Donc ta réponse ne m'étonne pas trop.
J'ai découvert que la plupart des personnes qui l'avaient vu avec un regard disons, même si je n'aime pas trop dire ça,
universitaire, n'ont pas du tout accroché.
Et en en discutant avec eux (de façon parfois un peu véhémente je te l'accorde), je me suis rendue compte que c'était justement parce qu'il avaient essayé de le comprendre. Et de le lire avec les clés habituelles de lecture, celles du théâtre "régulier".
Pour
comprendre ce spectacle, il faut l'aborder de façon naïve. Se laisser porter justement, comme tu le dis très bien d'ailleurs, et ne pas essayer de donner une signification à chaque chose, chaque image, tout simplement parce que ça n'a pas de sens. Je vais te dire, quand j'y suis allée, j'étais accompagnée par des gens qui n'étaient jamais allés au théâtre. Et qui avaient des a priori dessus.
Et bien ils sont sortis tous dans le même état que moi, justement parce qu'ils n'avaient pas essayé d'analyser quoi que ce soit.
Et attention, ce n'est pas parce qu'il n'y a rien à comprendre que c'est vide pour autant...
Ce spectacle m'a tellement touchée que je n'arrivais pas à mettre des mots dessus... Quelque part les critiques comme les tiennes que j'ai reçues après m'ont poussée à aller plus loin, et à essayer de voir pourquoi ça m'a tellement touchée...
Et maintenant, si c'est ça qui te frustres, je peux te sortir une analyse du spectacle, pour le
comprendre...
Première chose, la poèsie. La poèsie des objets, en tout premier lieu.
Quand je suis allée à la rencontre, un vieux monsieur a demandé "et alors, pourquoi les cuillères?" Encore quelqu'un qui n'était pas rentré dedans parce qu'il essayait de comprendre... Pour moi, les cuillères, c'étaient celles des cantines, ou encore ces vieux couverts qui traînent au fond d'un tiroir.... Et ça sera autre chose pour quelqu'un d'autre. Et puis la cocotte-minute... Ca me rappelle les soirs d'hiver où ma mère faisait des soupes, et laisser siffler la cocotte sr la fenêtre. A Michel Laubu les dimanches où l'on attend des invités. Vous savez, cet espèce d'attachement stupide qu'on peut avoir pour les objets? Qui fait que quand vous prenez la ferme décision de "faire le tri", il y a toujours deux ou trois bidules dont vous n'avez absolument pas besoin que vous regardez en disant "non, pas çui-là quand même"... Cette espèce de relation
intime que vous avez avec eux.
Tiens donc on revient au titre... Donc au "propos" de la pièce, si on peut dire ça comme ça. Sauf qu'ici on parle carrément d'espace intime. De petit espace. D'un espace
insulaire. Entouré d'eau. Ou renfermé sur lui-même. Car c'est ça aussi l'intime. C'est un espace délimité, à
l'intèrieur. D'où l'analogie avec l'île.
Dans le même ordre d'idée, je peux également m'étaler sur la poèsie du bricolage... Mais je vais éviter de faire une analyse de 10 pages comme je faisais en terminale... Ca n'apporterait pas grand chose en plus.
Cette poèsie là, c'est une poèsie du quotidien, du petit, du pauvre. Une poèsie un peu kantorienne, si on veut se rattacher à l'histoire du théâtre. Personnellement, ça me touche plus que n'importe quoi. Il y a beau avoir des passages à mourir de rire, je me suis surprise à pleurer à plusieurs moments, parce que quelque chose en moi était bouleversé, sans que je sache ni
pourquoi ni
comment.
Après d'un point de vue de la recherche purement théâtrale on va dire, je trouve qu'il y a un travail hyper intéressant autour de la manipulation.
Ce dont tu parles au niveau de la manipulation... Je suis d'accord avec toi, mais je ne le prends pas comme un défaut. Pour moi, c'est une manière de chercher à mettre en valeur le manipulateur. A ne plus simplement le considérer comme marionnettiste mais comme acteur. Il devient une entité à part entière, et la marionnette aussi, tout en étant dans cet entre deux de sa propre volonté et de dépendre de celle du manipulateur. Et pour une fois, ce n'est pas juste de la manipulation à vue parce que ça fait bien et que c'est à la mode; elle est nécessaire et justifiée.
Pour ce qui est de la musique... Là je crois que c'est une question de goût. (On va pas débattre là-dessus hein). Moi j'ai peur d'être un peu influencée de ce point-de vue là par la virtuosité du clarinettiste

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En tout cas, ce qui m'a plu, c'est qu'elle ne faisait pas simplement figure d'accessoire, d'ambiance; elle était vraiment présente, elle avait son autonomie, et n'était pas seulement là pour la décoration, mais plutôt pour la contradiction qu'elle peut amener sur scène. Et comme ça arrive assez rarement également dans le spectacle, la présence des musiciens étaient justifiée...
Bon voilà j'ai tout plein de messages à lire encore sur le forum, mais là je ne pouvais vraiment pas me taire.
Je respecte ton avis, Vanille, hein, je veux juste défendre le mien, parce que je ne l'ai pas beaucoup fait auparavant.
(Hum et j'y suis allée trois fois au pestacle).