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Vieux 03/03/2007, 02h28   #36
Pidji
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Date d'inscription: juillet 2006
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Re : Un avant-goût d'Avignon

Ouh ben là il y en a plein Arcadyan, il suffit de demander. Comme il est tard, je vais lister sans trop détailler, et nous pourrons toujours en reparler plus en détail après une bonne nuit.

Outre Sivadier, le Collectif MxM (Cyril Teste), Les Possédés (Rodolphe Dana), Compagnie Dos atores (Enrique Diaz), Brook bien sûr (même si je n'ai pas vu ses travaux récents), Wajdi Mouawad (comme auteur et metteur en scène), Jan Fabre, La compagnie Motus...

Bon allez, malgré l'heure, je précise tout de même ma pensée sur le j'aime/j'aime pas.

D'une manière, j'aime les metteurs en scène qui expérimentent réellement en interrogeant réellement les codes de la représentation, en mettant en question jusqu'au corps de l'acteur. Bref, les réels expérimentateurs, ceux qui prennent le risque de rater leur coup par une audace excessive, mais qui tentent toujours de trouver la juste place de chaque chose.

Je les oppose nettement à tous ces cuistres qui masquent le vide sous des artifices scénographiques (avec ou sans nouvelles technologies), ou encore derrière cette désincarnation à la mode qui refuse toute émotion. En gros, j'aime pas les frimeurs institutionnels. Ce qui me rend si énervés à l'égard de ces gens, c'est que ces choses conviennent bien à l'institution et donc au politique: à cause de leur totale inocuité ?

Pour donner un exemple, je vais parler d'"Hamlet" d'Hubert Colas, qui est une synthèse de tout ça. Côté désincarnation, il faut avoir vu Laerte, apprenant la mort d'Ophélie, ponctuer sa douleur d'un simple "oh" court et benêt. Côté conventions de jeu stupides et inutiles, il faut avoir vu Hamlet sortir et revenir 15 fois dans la chambre de sa mère, tel un inspecteur columbo sous cocaïne (il fallait bien trouver quelque part les 5h de spectacle!). Côté nouvelles technologies mal employées, il faut avoir vu cet écran vidéo qui ne sert à rien d'autre qu'à une transposition du roi en cadre sup' (aucune exploitation ultérieure de cette idée). Et bien le DRAC de PACA adore (ou feint d'adorer) ce metteur en scène.


A l'opposé total, on trouve par exemple Ensaïo Hamlet d'Enrique Diaz. Un plateau regorgeant d'accessoires en tout genres, des acteurs perpétuellement en activité, des changements de plans et d'échelle continuels. une dramaturgie déconstruite qui nous plonge dans un inconnu total, mais qui au lieu de nous renvoyer au néant, nous fait entendre, ou plutôt nous fait résoner Hamlet comme rarement, sans qu'on puisse savoir au juste pourquoi ça a fonctionné. Du pur bonheur. L'humilité de la démarche de cette troupe est si flagrante que je pourrais accepter d'eux sans aucune colère un spectacle raté.

Bon allez, je m'arrête là pour ce soir...
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