Pour ma part, après avoir vu six spectacles d'Olivier Py, je trouve moi aussi que ces talents d'auteur et de metteur en scène sont incontestables. Beaucoup de poésie, de beauté, de sens du plateau, d'originalité surtout.
Mais : le bonhomme tend à se caricaturer lui-même. Sa posture de défenseur lyrique et exalté du théâtre, que cela soit dans ses propos ou dans ses spectacles, lui donne une posture auto-réflexive qui finit par tourner en rond et ne pas dire grand-chose : ben oui, le théâtre, c'est chouette et alors?
Il y a quelque chose de la masturbation pseudo-intellectuelle qui était mignonne au début parce que l'on mettait cela sur le compte de sa jeunesse et de son catholicisme lyrique, mais qui finit pas être lassante. En voyant ses spectacles, j'ai toujours l'impression de faire partie d'une secte : son discours commence à être fermé et dogmatique, et cela me gêne.
D'autre part, je trouve qu'Olivier Py a eu tendance à ne pas savoir se renouveller : c'est en voyant L'Hommage à Jean Vilar (Avignon 2006) que je me suis rendue compte que j'en avais marre des miroirs éclairés façon loge de comédiens, des escaliers à roulettes et de la musique de P-A Weitz. Un peu de prise de risque, que diable!
J'ai toutefois beaucoup aimé Les Vainqueurs que j'ai vus au Rond-Point, avec Arcadyan d'ailleurs. Cela reste un de mes spectacles préférés, et j'ai été de surcroît très touchée d'entendre un de mes amis, qui n'était jamais allé au théâtre avant cela, me dire qu'il avait absolument adoré et que cela lui avait donné envie d'aller au théâtre régulièrement. Mais j'aime énormément Les Vainqueurs quand je les prends à part de son oeuvre qui ressemble un peu à du réchauffé lyrique maintenant.
Enfin, un petit aparté : c'est moi ou Philippe Girard et Elizabeth Mazev jouent VRAIMENT mal?
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Sans retour de François Verret (c) Christophe Raynaud de Lage
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