Pour ma part, je fais partie des gens qui ont aimé
After/Before mais pas le travail de Jan Fabre, je me coupe en deux?
Enfin, quand je dis le "travail" de Jan Fabre, je généralise, car je n'en ai vu qu'un spectacle en vrai,
As long as the world needs a warrior soul, ainsi que la captation de
Parrots and guinea-pigs.
Pour
As long..., c'était au CDN de Caen (à l'époque dirigé par Lacas.. hem enfin bref) et j'avais 15 ans. ça ne m'a pas choquée. ça ne m'a pas révoltée. ça ne m'a pas plu non plus. En fait j'ai trouvé ça sans intérêt.
J'avais eu cette impression que son seul but était de choquer, et qu'à force d'être visible et voulue, la provocation devient facile et n'en est même plus une.
Tout cela pour dire que voir des gens nus se tartiner de ketchup et de nutella pour se lécher après, ça ne m'avait absolument pas choquée, ni bouleversée, ni rien du tout en fait : la provocation pour la provocation ne m'intéresse pas, pour moi elle sert juste de ligne de partage entre ceux qui aiment et ceux qui n'aiment pas Fabre.
Je suis d'ailleurs ravie qu'ici le débat ne se pose pas en terme de représentation (qu'est-ce qui peut être représenté sur scène? Qu'est-ce qui est tabou?), parce que j'ai souvent eu le sentiment que les gens aimaient Jan Fabre juste pour sa provocation tandis que ceux qui le haïssent le détestent pour la même raison. Ce n'est pas le cas de Pidji, Amandine et Arcadyan et je m'en réjouis.
De plus, Jan Fabre me semble mettre en oeuvre une esthétique de la performance directement héritée des années 70 sans y apporter grand-chose. Pour moi c'est du réchauffé.
Ensuite, au niveau du fond, le propos de
As long... était franchement pauvre. C'était une sorte de pamphlet simpliste et extrêmement visible visant à condamner la société de consommation. Où sont la provocation et la prise de risque quand on sait que 99% du public sera d'accord et lorsqu'on ne pose finalement aucune question?
Pour conclure, Jan Fabre est pour moi quelqu'un qui cache son conformisme artistique sous une provocation qui ne fait crier que les Armelle Héliot et les coincés.
Et pour conclure vraiment : tout simplement, Jan Fabre ne m'a RIEN fait. Rien ne m'a touchée dans ces deux spectacles, à tel point que je m'en souviens à peine, et je crois que c'est peut-être ça le fond du problème.
Ce qui n'empêche pas que j'irai voir son prochain spectacle : pour espérer comprendre, un jour, le pourquoi de cette starification/lapidation !...