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Re : Jan Fabre
Une question naïve :
pourquoi vouloir dissocier le texte du reste ? Ca n'a pas plus de sens que de sortir d'une pièce en disant que "ce n'était pas terrible, mais que le décor était bien, la comédienne principale aussi, et puis et puis...". Un spectacle est un tout, et si le tout ne t'emporte pas, alors c'est raté...
Moi par exemple, si je m'en tenais au texte, ça me suffirait pour condamner Cannibales sans l'avoir vu, tant l'écriture logocentrée de Ronan Chéneau me sort par les trous de nez. Mais un texte est un ingrédient dramatique et n'exprime sa pleine valeur qu'au moment où il est porté en scène.
Et le propre des spectacles comme ceux de Fabre sont justement de traiter le texte comme un ingrédient parmi d'autres. Ce principe de remise en question de la primauté du texte est communément admise par l'ensemble des metteurs en scène qui interrogent l'idée même de la représentation (ce n'est pas une école en soi puisqu'il y a peu d'autres points communs entre Fabre, Castellucci, la compagnie Motus, Cyril Teste, ... à part ce postulat). Pour ma part, je souscris pleinement à cette façon de voir, et pourtant je suis auteur...
Si le texte t'est insupportable chez Fabre, c'est que probablement l'ensemble t'embarrasse; je trouve ça plutôt sain et parfaitement compréhensible. Je comprends parfaitement qu'on exècre les choses qu'il donne à voir et à entendre. Comme disait Brook, le (seul) diable c'est l'ennui !
Ce que j'accepte moins, en revanche, c'est ce troupeau de con qui, à la cour d'honneur, se sont fait un devoir de siffler et huer alors que le noir n'était pas encore revenu. La "texture" des hués montrait que ces "bas du crâne" qui me font détester le lieu théâtre avaient une réaction snobinarde, bien différente de la tienne. Ils huaient Jan Fabre parce que c'était la tendance à ce moment-là (que nous nommerons la tendance "Armelle Héliot"), mais les mêmes lui lècheront sûrement le c.. le jour où ce sera la mode !
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