Petite réponse rapide à notre anonyme
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Tu parles de théâtre à la papa et de son fatra illusionniste. Lacascade, lui, chercherait juste à raconter des histoires et basta.
Bien. Mais figure-toi que ce qui caractérise actuellement le mieux le théâtre à la papa, c'est de se contenter justement de raconter des histoires : le théâtre moderne, celui qui ne se laisse pas mourir dans le conformisme (d'ailleurs souvent dissimulé sous une pseudo audace scénographique), c'est celui qui va prendre en compte la notion d'expérience.
Avant qu'on ne me saute dessus, je ne dis pas ici que Pascal Rambert, Castelluci et Jan Fabre (que j'aime beaucoup) sont la seule voie possible : je dis juste que se contenter de raconter des histoires au théâtre dans le monde d'aujourd'hui, c'est au mieux de la bêtise, au pire une faute morale; surtout quand on a la prétention d'être un explorateur.
On peut jouir pleinement d'un spectacle de pur divertissement annoncé comme tel ; mais quand, sous couvert de chercher une vérité cachée dans un texte, des gens comme Lacascade, Nordey ou autres imposteurs pondent des pièces chiantes se situant hors de tout lien palpable avec le vivant... Franchement, quand on aime le théâtre, ça donne envie de tuer !
Le signe le plus flagrant de la défaite de ces charlots, c'est l'explication tarabiscotée qu'ils se croient obligés de donner dans leurs avant-programmes, histoire qu'on comprenne quelque chose à leurs intentions.
Artaud avait conceptualisé le théâtre de la cruauté, celui qui commence au coeur des flammes. Lacascade et consorts sont les gardiens d'un autre théâtre, avalisé par l'institution tellement il est inoffensif : le théâtre de la vacuité.
Pour moi, le théâtre ne peut pas être un simple plaisir esthétique, qu'on savoure entre soi. Et pour finir, je ne suis pas sûr d'avoir bien compris ton allusion à la situation géographique d'Entropie :aurais-tu un quelconque mépris pour les gens de province ? J'espère avoir mal compris, parce que sinon, c'est à se demander pourquoi je te réponds...
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