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Re : musique classique
Voilà une tentative de réponse plus concise, qui répond à ton post précédant en général, mais forcémment souvent indirectement.
L’explication d’une œuvre n’est pas l’explication du plaisir que prennent les gens dans la contemplation de cette œuvre. Analyser une œuvre ne revient pas à comprendre comment l’artiste s’y prend pour que les gens aiment son œuvre, d'ailleurs le but premier d'un artiste est rarement de remplir les salles. Expliquer les procédés mis en place par Hitchkok dans tel film pour créer le suspens explique la sensation de suspens que l’on a devant cette scène, mais cela n’explique pas pourquoi les spectateurs qui aiment ce film aiment ce film. Chacun étant un cas particulier, il n’existe que ces « exceptions » dont tu parles.
Car comme j’ai déjà tenté de l’expliquer, le goût est d’une composition complexe dont nous ne maîtrisons que rarement l’étendue. Si nous nous mettons à réfléchir sur le plaisir que nous avons en regardant les films d’Hitchkok et sur les sources de ce plaisir, nous constaterons que notre bon goût pour l’œuvre de ce réalisateur sera différent d’une personne à l’autre. Les critères tels que le jeu des acteurs, la qualité de la photographie, la crédibilité du scénario etc. nous permettrons de juger de la valeur d’Hitchkok par rapport aux concepts que nous avons du cinéma (la précision est importante), mais elle ne permettra en aucun cas de mettre en place une explication du goût que nous avons pour ses films. La preuve en est que nous sommes souvent incapables d’apprécier sincèrement certains chef-d’œuvres, tout en comprenant bien qu’il s’agit pourtant d’œuvres admirables.
Pour les exemples :
-Nous sommes cinq personnes à avoir découvert Lacascade en même temps, et c’est précisément à la même période que je leur ai fait découvert Glass. Il n’y a qu’une seule personne sur les 5 qui a aimé, et qui écoute encore actuellement. J’ai pourtant réitéré l’essai à plusieurs reprises.
-Pour ce qui est de l'individualité de mon goût, je ne suis pas une exception à apprécier nombre de choses en bonne partie pour des éléments qui n'ont pas grand chose à voir avec la valeur de cette chose (goût pour le 18ème, etc.). Quand je discute de ce fait avec des amis ils se rendent compte que c'est aussi leur cas, quand ils ne s'en sont pas rendus compte avant, et que nombre d'éléments jouent un rôle important dans leur plaisir alors qu'objectivement ce ne sont pas eux qui font la valeur du film. Certains sont même difficilement avouables (goût pour les flingues, je dit un truc au pif), et beaucoup sont inconscients.
-Pour les mises en scènes, les bons metteurs en scène se distinguent surtout des autres par l'originalité et la pertinence de leur interprétation. Ce n'est pas en mettant de belles couleurs sur scène et des tissus partout qu'un metteur en scène deviendra grand (je caricature), mais en proposant une vision de l'oeuvre qui ne ressemble pas à d'autres déjà vues et à condition que cette vision soit convaincante et non traitressse du texte. Mais là encore on parle de valeur et non de plaisir, la critique doit traiter de la valeur (je reprécise au cas où que cette valeur dépend de concepts pour moi) et n'explique pas le goût des gens.
-Pour les autres exemples, tu ne penses pas qu’il serait plus simple de rester sur quelques œuvres, et de ne pas s’étendre à Loft Story et tout le tintouin ? Car sinon ça refera comme avant : on dira les mêmes choses mais sur des terrains différents, et ça fera des post énormes. Pour tous les autres exemples que tu as dit je pense que tu as suffisamment compris ma pensée pour imaginer ce que je te répondrai de toutes façons. Restons donc sur Glass, Hitchkok (quoique Kubrick m’inspire plus ^^) et éventuellement Lacascade (je ne le connais pas beaucoup donc assez peu de matière), si cela te conviens.
Après j’ai l’impression que nous sommes dans deux idéologies tellement opposée qu’arrivera vite le moment ou on en viendra à discuter de la chimie du cerveau pour savoir lequel à raison… Si nous parvenons à la conclusion que nous ne seront jamais qui à raison cela me suffira, car ce que je défends c'est le doute vs l'affirmation.
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«J'ai dû oublier mon parapluie dans l'ascenseur. Mon parapluie doit être très inquiet de m'avoir perdu.» Erik Satie
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