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Import/Export par Koen Augustijnen
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Import/Export Koen Augustijnen Les Ballets C de la B
Conception et direction: Koen Augustijnen
Création collective avec les danseurs
Le samedi 27 janvier 2007 au Théâtre des Abbesses à Paris
Import/Export
ou
Comment Koen Augustijnen, chorégraphe et danseur des Ballets C de la B, est arrivé à donner naissance à deux spectacles aussi formidables ?
Il y a 2 ans, j'étais au premier rang, dans une salle de l'agglomération grenobloise, devant Bâche, précédente production du chorégraphe susnommé. Et tous les ingrédients étaient là. La perfection. Comment espérer égaler ce premier coup de cœur indétrônable, ressentir les émotions et l’admiration qui m’avaient alors saisie ?
Ce 27 janvier, j’étais très impatiente de retrouver Koen Augustijnen avec Import/Export, mais à l’avant dernier rang du balcon du théâtre des Abbesses, un samedi soir, entourée de parisiens en goguette, je renonçais d’avance à attendre un nouveau choc. J’arrive à descendre de quelques rangs dans le balcon et à me situer à peu près au milieu, bien que toujours trop loin de mon Koen (prononcez Koune) vénéré !
Aux formules miracles des Ballets C de la B, s’ajoutent les « Bâche touch » : jouer autant sur le collectif que sur les talents individuels et musique baroque en live avec l’alto Steve Dugardin. Les pièces belges, c’est comme un cocktail savamment dosé, passé au shaker théâtral : tu mets sur scène tout ce qui peut se faire de mieux dans le spectacle actuellement, tu mélanges le tout, et hop tu as un chef d’œuvre !
Pour situer rapidement la genèse, le titre et le souffle de cette pièce : Koen réagit au film Le Cauchemar de Darwin , et propose une vision de la barrière Nord/Sud, et des relations qui en découlent.
Rappelons que les Ballets C de la B sont ambassadeurs Unesco-IHE !
Dans le petit programme conçu et vendu en complément du spectacle, on peut lire une série de lettres échangées entre Koen Augustijnen, à son initiative, et une parlementaire européenne flamande. Certes c’est naïf, mais l’intention est louable.
C’est de ce constat d’impuissance et d’injustice qu’est né Import/Export.
Les flux et relations Nord/Sud sont pour moi le thème latent de la pièce. Mais attention ! On ne tombe jamais dans le narratif, le pleurnichard ou le manichéisme !
Ca en parle sans en parler, on a tout ça en tête, dans un petit coin, qui ressort plus ou moins violemment selon les passages, mais la proposition ne se restreint surtout pas à cela !
Le décor à lui seul suffit à nous rappeler les flux (de masse), d’hommes ou de marchandises : en fond de scène des containers de tailles et couleurs variées, empilés les uns sur les autres. Dans ce décor géométrique et bariolé (ce pourrait tout aussi bien être une ville), les quatre musiciennes classiques sont installées sur un des cubes.
Le spectacle est destiné à tourner abondamment dans les mois à venir, j’essaierai donc de ne pas dévoiler toute sa magie.
Je redoutais énormément l’accueil froid et bovin d’un public parisien. A tort, car ce fut plutôt une grande communion dans le rire et la stupeur. La salle bruissait de « oooooh ! », « ouf ! » ou « aïe, le dos ! » (celui du danseur bien sûr), ainsi que de souffles retenus, lors d’un trio absolument glaçant. Le passage avec ces trois danseurs était très déstabilisant car l’on était à la fois subjugués par les prouesses physiques et, pour ma part, remuée jusqu’à la nausée par la violence de la chorégraphie. Partagés entre l’envie de voir la danse continuer, et celle de crier « STOOOOOOOP ! » et de laisser ainsi le personnage malmené (par la danse et non par les coups, ce qui est bien plus horrible) échapper à ses bourreaux.
Après cela nous avions bien besoin d’un petit passage « discothèque » avec arrêt sur images. Et nous étions écroulés de rire, jusqu’aux larmes, lorsque les danseurs (ainsi que le chanteur qui fait partie intégrante du mouvement et de l’action chorégraphiques) se postent en ligne pour un jeu de chaînes allant crescendo. La fameuse ligne frontale a déjà fait ses preuves dans Bâche ou chez Sidi Larbi Cherkaoui ; on ne s’en lasse pas même si ça devient un procédé récurrent ! Ce sont des enfants qui jouent devant nous, et nous acceptons de bon cœur ce grand jouet de bonheur. La chaîne de bisous, la chaîne de déshabillage et la chaîne enculage. Le pire c’est que ce n’est même pas vulgaire…c’est hilarant !
Il y a foule de détails et d’inventions à retenir dans cette pièce. Comparée à Bâche, Import/Export pêche un peu par sa fin, car les émotions y sont moins exacerbées. Doit-on reprocher à Koen Augustijnen d’avoir gaspillé toutes ses forces au début de la pièce et d’avoir une fin seulement formidable au lieu d’être parfaite ? Non on ne poussera pas le vice jusque là, car ces pièces-là sont au-delà de considérations critiques : elles sont la VIE.
Si l’humanité toute entière devait être résumée sur une scène, Koen Augustjinen en serait le metteur en scène, et ça s’appellerait Bâche ou Import/Export.
Ses visages, ses images ne me quittent pas, jamais je n’oublierai.
Tandis que dans ma tête résonne tristement, sournoisement, le « Tanzaniiia, tanzanie, tanzanie… » que la frêle danseuse noire fredonne pendant que Koen Augustijnen, qui possède un physique entre le grand clown triste et le savant fou, lui tourne autour en réclamant un à un ses vêtements.
Dates de tournée 2007/2008, d’après le site Frans Brood Productions (je n’ai mis que les dates françaises) :
22/02/2007 Saint-Etienne-du-Rouvray (F) Le Rive Gauche
08/03/2007 Forbach (F) Le Carreau
13/03/2007 Arcachon (F) Théâtre Olympia
15/03/2007 Boulazac (F) Centre Culturel Agora
24/04/2007 Le Mans (F) L'Espal
26-27/04/2007 Cherbourg (F) Théâtre de la Butte
21/10/2007 Cognac (F) L'Avant Scène Cognac (option)
23-24/10/2007 Nantes (F) Le Lieu Unique
26/10/2007 Dunkerque (F) Le Bateau Feu
20/11/2007 Arles (F) Theatre Du Pays D’arles
22-23/11/2007 Nice (F) Théâtre de Nice
11/12/2007 Douai (F) L'Hippodrome
13-14/12/2007 Strasbourg (F) Pole Sud
22/01/2008 Noisy le Grand (F) l'Espace Michel Simon (option)
04/02/2008 Amiens (F) Maison de la Culture
07/02/2008 St-Etienne (F) L'Esplanade (option)
02-03/04/2008 Belfort (F) Théâtre Granit
09-11/04/2008 Décines (F) Maison de la Danse - Le Toboggan
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