Discussion: Le roi Lear
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Vieux 17/04/2006, 18h29   #10
Elliania
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Je m'en suis tenu à ce que j'avais dit: je n'ai pas lu la critique du Cantateur (ni avant le spectacle, ni avant d'écrire ceci), voici donc mes impressions sur:

LE ROI LEAR
LE 15 avril 2006 à 19h30 dans le Grand Théâtre de la MC2
Mes de André Engel


Longue file avant d'entrer dans la salle, un peu d'excitation liée à cette attente, car on sait que c'est une "grosse production" que l'on vient voir, des acteurs qui sont rares dans nos salles provinciales.
Et hop! on passe la tête par la porte, et même si les nombreuses personnes debout, cherchant leur place, masquent le décor, on sent que c'est énorme. C'est cette lumière tellement réelle qui impressionne le plus. Mes sens étaient en contradiction avec ma raison: je savais que j'étais dans la grande salle de la MC2, et pourtant j'avais l'impression d'être dans une vieille usine. Ouverture de scène maximale, et profondeur très bien utilisée, pour ce décor qui se permet d'être chargé en détails réalistes et vide en son centre. Je pense que la photo ci-dessous vaut toutes les descriptions.

© Marc Vanappelghem - agence Enguerand


J'attendais cette pièce avec impatience car j'avais lu la traduction du Roi Lear par Jean-Michel Déprats, qui était celle utilisée pour cette pièce, et j'y avais pris grand plaisir, alors que d'habitude je suis très loin d'être enchantée quand on me met des classiques entre les mains. Le texte, sa musicalité, les personnages, l'intrigue, tout avait su capter et maintenir mon attention. Or cette mise en scène du Roi Lear, je l'ai trouvé bien pauvre comparée à la merveille du texte. J'avais beau essayer de m'accrocher aux lèvres des acteurs, certains mots m'échappaient (et encore j'étais dans les premiers rangs!), sonnaient mal, perdaient toute leur beauté. Je ne suis pas allée vérifier scrupuleusement dans le livre mais plusieurs modifications et coupes m'apparaisaient pendant la pièce, avec une sensation d'amputation et de dénaturé. Pourquoi le fou devient Fumiculi? J'aimerais en connaître le sens caché, s'il y en a...
Transposer le roi en chef d'entreprise, je veux bien, mais qu'est-ce que cela apporte dans cette mise en scène? Pour moi rien! Et modifier le texte ne me paraissait pas nécessaire non plus.
Les acteurs étaient appréciables dans l'ensemble: les deux louves/femmes fatales, la fragile et forte Cordélia (à travers laquelle j'ai eu du mal à reconnaître Julie-Marie Parmentier qui me semblait bien plus en chair il y a quelques années ?!), sobriété de Desarthe (ah c'est ça un monument du théâtre alors?), Piccoli vieux mais vivace... Coup de coeur pour Edgar et Le Fou, mais insupportable Edmond.
Cela faisait donc 2h40 (sans entracte qui plus est) plutôt plates, et ce ne sont pas des roulements de tambours à plein volume et des coups de feu/mitraillettes soudains dans le noir (adieu tympans chéris!), qui mettent du punch. L'attraction - dans le sens de "capter le public", et non "d'entertainment" à l'américaine comme semble le confondre le metteur en scène - pour ma part venait de l'attente du moment où quelquechose pouvait se passer, mais le moment magique n'est pas venu. Une seule scène m'a paru bien supérieure aux autres: celle où Lear, fou, et Gloucester, aveugle, se retrouvent.
C'est propre, carré, friqué , mais bien vide...

J'aurais aimé pouvoir rencontrer l'équipe, et savoir ce que le metteur en scène avait voulu faire passer, car même si c'est un spectacle agréable auquel nous assistons, ce n'est pas digne du texte de base.

D'autres photos et infos ici

Et maintenant je vais pouvoir lire les impressions du Cantateur :P
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